X. CONCLUSION:

A l'issue de cette revue de littérature et de l'analyse de nos observations, nous voudrions souligner les points suivants.

- Le CAT-CAM est un concept. La nature du matériau (bois, matériau souple, résine) n'entre pas en ligne de compte.
- La biomécanique de l'emboîture CAT-CAM se rapproche davantage du modèle physiologique que celle du fût quadrilatéral (2, 5, 21).

L'articulation de la hanche semble pouvoir reprendre son rôle de point de transmission des charges, l'ischion étant englobé dans l'emboîture et non plus soutenu par l'emboîture. De plus, elle retrouve une certaine liberté de mouvements, notamment la rotation, l'anté- et la rétroversion, le déplacement latéral, grâce à la suppression de l'appui ischiatique (2).

L'enveloppement de l'ischion, l'appui sous-trochantérien ainsi que l'aplatissement des parties molles dans le sens transversal assurent le maintien de l'adduction du fémur au cours des phases du cycle de marche. Ce verrouillage permet une meilleure répartition des forces s'exerçant sur le moignon, lesquelles, en évitant toute action excessive, contrôlent la stabilisation du bassin du côté de la prothèse durant la phase statique (21).

Sur le plan dynamique, l'emboîture CAT-CAM est efficace pour au moins deux raisons : le fémur est maintenu en adduction durant la marche ; cette adduction met en tension le moyen fessier, celui-ci peut alors jouer son rôle de stabilisateur du bassin lors de l'appui monopodal (2, 17, 25, 38).

- La bioénergétique découle des résultats de la biomécanique. De ce fait, la consommation d'énergie est bien moindre avec le fût CATCAM qu'elle ne l'est avec l'emboîture quadrilatérale. GAILEY (15) constate une diminution de la consommation d'énergie de 20 % chez les patients appareillés en CAT-CAM ; argument qui peut paraître primordial lorsque l'on sait que la cause la plus fréquente d'amputation est l'artérite, laquelle existe généralement dans un contexte d'altération de l'état clinique.

- Selon HAAS (17), la prescription du fût CAT-CAM comme premier appareillage évite l'atrophie musculaire, en particulier au niveau des abducteurs, que l'on retrouve fréquemment avec l'emboîture quadrilatérale. Dès le début de sa rééducation, le patient amputé a la possibilité de contracter de façon efficace les muscles stabilisateurs du bassin : la marche prothétique n'en sera que meilleure.

De plus, le fût CAT-CAM, de par sa forme ovale longitudinale qui respecte les parties molles et la pompe musculaire, n'entrave pas l'écoulement du sang veineux et la microcirculation : l'emboîture CATCAM agit donc activement contre l'oedème (17).

- Néanmoins, les qualités indéniables du fût CAT-CAM ne doivent pas faire ignorer la grande complexité de réalisation de ce type d'emboîture, à laquelle sont confrontés les techniciens-prothésistes (5, 17, 36, 40, 41). Le fût CAT-CAM ne souffre pas la médiocrité : il est tout juste ou tout faux. La rigueur, la précision et le contrôle de chaque étape de fabrication sont des éléments indispensables pour obtenir le résultat CAT-CAM.

- Par ailleurs, HAAS (17) souligne que des exigences tout aussi importantes sont adressées aux patients eux-mêmes : s'ils ne sont pas suffisamment intéressés et s'ils n'exploitent pas la possibilité de revoir leur prothésiste pour une bonne adaptation de leur emboîture, la tentative d'un appareillage optimal est vouée à l'échec. Le manque de motivation poursuivre une rééducation aussi poussée que possible a les mêmes conséquences.

- Dans notre pays, l'équipe de médecine de réadaptation et l'amputé se heurtent à l'écueil du non-remboursement de l'emboîture CAT-CAM, lequel peut être responsable en partie du peu de diffusion de ce système.

L'emboîture CAT-CAM possède de réelles qualités et apporte une amélioration dans tous les domaines de la réadaptation fonctionnelle.

A l'heure où la qualité de vie est un des fils conducteurs de notre médecine, nous pourrions citer HAAS (17) lorsqu'il affirme que le fût CAT-CAM n'est pas un phénomène de mode, mais une exigence anatomique.
 

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