Avant, je me disais que cela n'arrive qu'aux autres ... !
Maintenant, je sais que cela peut arriver !
La maman

Véronique a huit ans, habite en Belgique.
Elle est venue chez Botta accompagnée de sa maman.

J'étais enceinte de Véronique lorsque nous avons été informés que Véronique ne serait pas un bébé comme les autres.
Nous avons alors imaginé le pire, par manque d'information. Avant la naissance, nous avons rencontré un orthopédiste qui nous a assuré qu'il ne s'agissait que d'un problème "mécanique" et que les solutions existaient.
Véronique est donc née le 20 septembre 1991 avec une agénésie fémorale sans raison particulière :
"Un cas sur 250 000" disent les médecins.
Nous avons attendu la naissance pour l'annoncer à son frère et à sa soeur, alors âgés de 5 et 7 ans.
Contrairement à nos craintes, ils ont réagi très naturellement :
"Où est le problème ? Notre petite soeur sera comme les autres !"
Véronique a eu sa première prothèse à l'âge d'un an et elle a marché à 18 mois.
Aucune opération ne serait possible.
TOUT reposait sur la prothèse !
Son cas présentait de nombreuses difficultés, étant donné qu'elle n'a pratiquement pas de hanche.
Il fallait trouver les points d'appui pour fixer la prothèse.
En Belgique, nous n'avons pas trouvé de prothèse appropriée à son cas.

C'est grâce à une cousine amputée que nous avons découvert Botta.
Véronique avait 2 ans 1/2. Quand elle a essayé sa nouvelle prothèse, elle s'est mise à courir. La prothèse était si légère.
Depuis, nous venons 2 fois / an chez Botta.
Les 5 premières années, nous venions en famille et nous passions nos vacances en Suisse. A présent, je viens seule avec elle.
Véronique aime venir chez Botta. Ils sont très humains et de plus, cela lui permet de rencontrer d'autres personnes dans la même situation. Elle ne veut pas aller ailleurs.
Jusqu'à l'âge de 6 ans, l'enfant oublie très vite qu'il a mal.
Nous faisions donc attention au moindre détail.
A l'âge de 6 ans, Véronique a vraiment compris qu'elle serait toujours ainsi.
Elle a traversé une période de colère difficile pour nous.
A présent, elle vit comme si la prothèse était sa 2ème jambe.

Nous imaginions le pire.
Il est important que les parents soient rassurés sur le fait que leur enfant sera indépendant.
On cherche la perfection pour son enfant.
Nous avions parfois trop d'attentes.
"Elle marche" nous disait Botta. Oui, c'était extraordinaire !

Véronique est indépendante.
Elle met seule sa prothèse, peut partir 8 jours sans soin particulier.
Elle court, elle nage, elle fait du vélo .




Normalement, elle ne peut pas faire plus de 2 kms à pied.
Elle ne peut pas faire toutes les activités sportives comme les autres.
Mais dès lors qu'on le lui dit, elle fonctionne par défi, quitte à avoir mal après ou à se sentir très fatiguée.

Véronique est appareillée avec une orthoprothèse intégrant l'os ischiatique.
Le manchon compensé lui permet de chausser son appareil.
Une articulation spécialement conçue, placée derrière son pied permet la position assise en limitant au maximum la surlongeur du segment fémoral.

Je peux tout faire : la roue, sauter, courir ....
Si on me demande ce que j'ai, je réponds :
"que je suis née comme ça et que ce n'est pas une jambe de bois"